Guerre Iran-Israël : effets sur les marchés

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Le 28 février dernier, les États-Unis et Israël ont lancé une attaque massive sur l’Iran, parvenant dans un premier temps à décimer la chaîne de commandement politique et militaire et à éliminer le leader spirituel l’ayatollah Khamenei. Depuis, l’Iran réagit de manière un peu désordonnée et s’en prend notamment à ses voisins, pays plus ou moins alliés avec l’ennemi américain.

Cette nouvelle attaque est dans la continuité de la guerre de douze jours en juin dernier. Nous abordons dans cet article son impact sous l’angle des marchés financiers mais également sur l’économie mondiale, dans un souci de protection des intérêts des investisseurs.

📉 Guerre au Moyen-Orient : nos hypothèses

Il est difficile à ce jour d’anticiper les conséquences à court et moyen terme. Cependant, nous privilégions les hypothèses suivantes : 

  • Un conflit court, de quelques semaines tout au plus. La voie de sortie est soit une négociation (peu probable à ce jour), soit un changement de régime en Iran. Celui-ci ne se produira à court terme que si des forces intérieures se joignent à la lutte ;
  • Une déstabilisation mesurée de toute la région. Les tentatives iraniennes pour globaliser le conflit ont peu de chance de réussir. Il faut toutefois surveiller la réaction des Chinois et des Russes, alliés de circonstance du régime iranien ;
  • Un effet incertain sur les prix du pétrole. L’or noir s’est récemment apprécié de 10% sur les craintes d’un conflit en Iran. Après les frappes américaines il a encore progressé de 7%. Ces niveaux ne sont pas alarmants mais une envolée supplémentaire du pétrole pourrait perturber l’environnement économique. Nous surveillons notamment la situation du détroit d’Ormuz dont une fermeture prolongée pénaliserait de manière importante les expéditions de pétrole et de gaz. L’inflation mondiale devrait provisoirement pâtir de l’augmentation des prix du pétrole. 

L’inflation mondiale devrait provisoirement pâtir de l’augmentation des prix du pétrole

L'actualité Israël-Iran : Trump rassure les marchés financiers ?

Le 9 mars 2026, Trump a déclaré que la guerre au Moyen-Orient serait bientôt finie. De quoi rassurer un peu les marchés sous pression. Le Vix, l’indice de peur des marchés, avait en effet atteint le niveau des 30%, en hausse de près de 10%.  Cette déclaration a ainsi provoqué un rebond des marchés boursiers dans le monde dont l’Europe. Et une baisse du prix du pétrole.

Mais le 10 mars, le pétrole a rebondi de près de 10%. Ce qui a provoqué la rechute des marchés. Notamment à cause de la fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz dont certains navires ont été touchés. 

Ainsi sur le terrain, la situation est tendue et reste au centre de l’attention des investisseurs.

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📊 La diversification face aux épisodes de volatilité

Nous avons appris depuis de nombreuses années à vivre avec des chocs politiques, géopolitiques ou sanitaires. Nous savons par expérience que les réactions initiales des marchés sont souvent provisoires et que des rattrapages s’opèrent rapidement par la suite. Seule la guerre en Ukraine, qui suivait les confinements liés au COVID, a provoqué un vrai choc inflationniste et une forte hausse des taux d’intérêt. Les marchés d’actions et d’obligations ont lourdement chuté en 2022. Nous ne sommes pas aujourd’hui dans cette configuration.

L’économie mondiale est résiliente, l’inflation a chuté depuis deux ans, les politiques monétaires sont conciliantes et les entreprises délivrent dans leur ensemble des résultats satisfaisants. Les marchés sont exigeants, car bien valorisés, ce qui induit des épisodes de volatilité auxquels nous devons nous habituer. La personnalité et la versatilité du président Trump sont également facteurs de volatilité. 

Les fondamentaux sont donc positifs et seul un conflit plus long et plus généralisé pourrait les altérer durablement. Ça n’est pas aujourd’hui notre scénario.

Nous recommandons toujours dans notre gestion une diversification, géopolitique et sectorielle. Nous pensons que le dollar pourrait profiter de ces événements. Au sein des portefeuilles, les positions sur les actifs refuges, notamment l’or et le dollar, ainsi que les expositions aux secteurs de l’énergie et de la défense remplissent pleinement leur rôle de protection.  Dans l’hypothèse où notre scénario concernant la durée et l’évolution du conflit se confirmait, le regain d’aversion au risque pourrait offrir des points d’entrée attractifs sur la Bourse. La défiance initiale des marchés ne préjuge pas des évolutions futures. Nous restons vigilants sur l’évolution à venir de la situation, au Moyen Orient comme en Ukraine.

Seule la guerre en Ukraine a provoqué un vrai choc inflationniste et une forte hausse des taux d’intérêt. Nous ne sommes pas aujourd’hui dans cette configuration.

Et en Israël ?

L’économie est résiliente. L’agence de notation internationale S&P a fait ses premières remarques sur la guerre en Iran. S&P souligne la prospérité historique de l’économie israélienne. Notamment grâce à son important secteur High Tech (environ 20% du PIB et plus de 50% des exportations), dans lequel un fort pourcentage d’employés peuvent télétravailler, ce qui atténue les perturbations. L’agence S&P attribue la note A à Israël, après deux abaissements de cette note durant la guerre au cours des deux dernières années. Dans sa dernière annonce concernant la notation d’Israël, en novembre, S&P a relevé ses perspectives de « négatives » à « stables », signe que la note du pays commençait à se redresser.

Cependant le risque que les événements de cette guerre fragilisent la qualité du crédit dans tous les secteurs a augmenté.

En conclusion, la situation actuelle a plusieurs impacts. Entre les variations du prix du pétrole, encore incontournable aujourd’hui, la confiance des marchés mondiaux et la qualité du crédit. La prudence et la diversification sont ainsi de mises.

Notre équipe chez Cyrus Herez Israël est pleinement mobilisée et disponible pour vous accompagner et répondre à toutes vos questions ou besoins.

Sources : Amplegest, Globes

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