Investissements étrangers en Israël : bilan annuel 2025
Israël signe un net rebond des investissements étrangers en 2025, porté par la tech, les capitaux américains et plusieurs méga-opérations stratégiques.
Investissements étrangers en Israël : un rebond très net en 2025
Le 25 août 2026, le ministère israélien des Finances a publié son rapport annuel sur les investissements étrangers en Israël et dans le monde. Dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, l’inflation et le ralentissement des flux au sein de l’OCDE, les chiffres israéliens ressortent nettement. En 2025, les investissements étrangers en Israël ont fortement rebondi, surtout grâce à l’écosystème technologique local et à plusieurs opérations d’envergure.
À l’échelle mondiale, les investissements directs étrangers ont atteint 1 430 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 6 % sur un an. Cependant, cette progression masque une réalité plus contrastée. Les flux vers les pays de l’OCDE ont reculé de 6 %, tandis que ceux reçus par les États-Unis ont baissé de 8 %. Dans ce contexte, Israël se distingue avec une hausse de 78 % des investissements directs étrangers reçus en 2025.
Cette performance place Israël au 8ᵉ rang de l’OCDE en montant d’investissements étrangers reçus. De plus, le pays se classe 3ᵉ lorsque ces flux sont rapportés au PIB sur la seule année 2025. Sur la période 2020-2025, les investissements directs étrangers ont représenté en moyenne 3,9 % du PIB israélien, contre 1,1 % dans l’OCDE. Pour un investisseur francophone, ce signal compte. Il confirme la capacité d’Israël à attirer des capitaux même dans un cycle mondial plus hésitant.
Les flux vers les pays de l’OCDE ont reculé de 6 %, tandis que ceux reçus par les États-Unis ont baissé de 8 %. Israël se distingue avec une hausse de 78 %.
78 % de hausse : un écart marqué avec la France
La comparaison avec la France est éclairante. Selon les données de l’OCDE reprises dans le rapport israélien, la France a reçu environ 22 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2025, contre 41 milliards en 2024. Cela correspond à une baisse de 47 %.
En effet, ces chiffres rappellent une réalité souvent sous-estimée. Les flux d’investissements internationaux restent très volatils et dépendent largement des grandes opérations de fusion-acquisition. Une année peut donc être tirée vers le haut ou vers le bas par quelques transactions majeures. C’est particulièrement vrai dans les économies développées, où les grandes entreprises technologiques concentrent une part croissante des mouvements de capitaux.
Pour autant, l’écart entre Israël et la France en 2025 ne relève pas seulement d’un effet statistique. Il traduit aussi une spécialisation israélienne très lisible. Le pays capte des investissements sur des segments à forte valeur ajoutée, notamment la cybersécurité, les logiciels et l’intelligence artificielle. À ce titre, les investissements étrangers en Israël donnent une indication utile sur la profondeur de cet écosystème et sur sa capacité à rester visible dans les arbitrages mondiaux.
36,6 milliards de dollars annoncés : le poids des méga-opérations
Les transactions d’investissement annoncées publiquement constituent un indicateur distinct des IDE au sens strict. Elles regroupent les acquisitions, levées de fonds et prises de participation annoncées, sans correspondre immédiatement à des capitaux effectivement injectés dans l’économie. Cette distinction est importante pour bien lire les chiffres.
En 2025, la valeur de ces transactions a atteint 36,6 milliards de dollars, en hausse de 65 % par rapport à 2024. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis 2021. Pourtant, le nombre d’opérations a légèrement reculé, à 1 575 transactions contre 1 643 un an plus tôt. Autrement dit, le marché a moins traité en volume, mais beaucoup plus en valeur.
Le premier trimestre 2025 a représenté à lui seul 20,2 milliards de dollars de transactions annoncées. Cette envolée tient notamment au rachat de Wiz par Alphabet (Google), valorisé autour de 32 milliards de dollars. Selon les estimations du ministère israélien des Finances, cette opération aurait généré un flux direct d’environ 16,8 milliards de dollars vers l’économie israélienne. L’acquisition de CyberArk par Palo Alto Networks, annoncée pour environ 25 milliards de dollars, illustre aussi l’intérêt mondial pour les technologies israéliennes.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance mondiale : en 2025, le nombre d’opérations de fusion-acquisition a reculé de 3 %, tandis que leur valeur totale a progressé de 8 %, concentrée sur un nombre limité de méga-opérations stratégiques.
Les États-Unis ont représenté près de 90 % de la valeur des investissements étrangers annoncés en Israël en 2025.
Investissements étrangers en Israël : la tech concentre l’essentiel
La technologie domine très largement la photographie 2025. Les logiciels et les technologies de l’information représentent près de 90 % de la valeur des transactions, soit environ 33 milliards de dollars. Les sciences de la vie et la santé arrivent loin derrière, avec 3,5 % des investissements. Viennent ensuite les communications et certains secteurs industriels.
Cette concentration confirme une conviction que nous portons depuis longtemps. Israël reste d’abord une place technologique mondiale, plus qu’un marché diversifié au sens classique. Son attractivité internationale repose sur des niches d’excellence, notamment la cybersécurité, l’IA, les logiciels d’infrastructure et certaines briques critiques du numérique.
Par conséquent, les investissements étrangers en Israël doivent être lus avec nuance. Ils traduisent une force réelle, mais aussi une dépendance sectorielle forte. Quand la tech mondiale accélère, Israël capte rapidement les flux. En revanche, quand les valorisations technologiques se contractent, la visibilité peut se réduire plus vite que dans des économies plus diversifiées. La lecture macroéconomique reste utile, mais elle ne remplace jamais une allocation patrimoniale structurée.
Capitaux américains et premiers signaux 2026
Les États-Unis demeurent de très loin la première source des capitaux investis en Israël. Ils représentent près de 32 milliards de dollars, soit environ 90 % de la valeur totale des transactions recensées en 2025. À l’inverse, la part de l’Europe est retombée autour de 7 %, soit environ 2,5 milliards de dollars. L’Allemagne, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les Pays-Bas figurent parmi les autres investisseurs notables.
Cette concentration s’explique par la nature même des opérations de 2025. En effet, les méga-deals dans la cybersécurité, les logiciels et l’intelligence artificielle attirent surtout de très grands groupes américains. Concernant les investisseurs européens, ils restent davantage présents sur des tours intermédiaires ou plus précoces, donc moins visibles dans les montants agrégés.
Les premiers chiffres de 2026 confirment une dynamique internationale solide. En effet, les investissements directs étrangers mondiaux ont atteint 664 milliards de dollars au premier trimestre, en hausse de 72 % sur un an. En Israël, l’OCDE fait état de 14,1 milliards de dollars d’IDE entrants sur ce seul trimestre, soit plus de la moitié du total enregistré sur toute l’année 2025. Toutefois, les transactions annoncées au premier trimestre 2026 reculent à environ 6 milliards de dollars. Cela représente une baisse de 70 % par rapport au premier trimestre 2025, mais une hausse de 33 % par rapport au premier trimestre 2024. Le niveau d’activité reste donc élevé, à condition de neutraliser l’effet des opérations exceptionnelles. Pour un suivi officiel complémentaire, les données de l’OCDE restent une référence utile.
Nos convictions
Pour un particulier, les investissements étrangers en Israël sont d’abord un indicateur de contexte. Ils permettent de mesurer l’attractivité du pays, la solidité de la tech et l’origine des capitaux. En revanche, ils ne suffisent jamais à valider un projet patrimonial.
Nous pensons qu’il faut lire ces chiffres comme un signal macroéconomique et non comme une promesse d’investissement. Ainsi, un projet patrimonial doit toujours être analysé selon vos objectifs, votre horizon et votre exposition au risque de change. C’est pourquoi nous recommandons de croiser la dynamique économique israélienne avec votre situation. Notre approche consiste à transformer une bonne lecture du contexte en décisions patrimoniales cohérentes et adaptées à votre réalité.